Guide pour le débat

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GUIDE POUR LE DÉBAT SUR L’ÉCOLE

   
LA LOI D’ORIENTATION DE JUILLET 1989  

 

1    A) Souligner que les objectifs de la loi d’orientation ont été souvent atteints. Par exemple : 

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-          objectif quantitatif exprimé sous la forme de 65 % d’une classe d’âge au niveau du bac,

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-          diminution des sorties du système sans diplôme,

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-          construction progressive des projets d’orientation,

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-          accueil par le collège de l’ensemble d’une classe d’âge,

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-          réduction des inégalités d’origine géographique,

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-          meilleure intégration des handicapés,

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-          développement des actions d’éducation à la santé,

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-          amélioration de la vie lycéenne, développement des instances de formation à la démocratie …

 

 B) Réaffirmer l’actualité de concepts fondamentaux de la loi d’orientation  en allant éventuellement plus loin dans la logique exprimée initialement 

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-          L’élève est bien au centre du système éducatif, au sens où l’entendait la loi de 1989.

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« L’école doit permettre à l’élève d’acquérir un savoir et de construire sa personnalité par sa propre activité »

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Il est possible d’aller plus loin dans l’individualisation des parcours : par exemple, chaque personnel d’enseignement et d’éducation pourrait assurer le tutorat de quelques élèves pour faire, avec eux, des points réguliers

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-          Le collège accueille l’ensemble d’une classe d’âge ; il constitue, avec l’école du 1er degré, l’école fondamentale, dont il est le cycle final sur leur parcours scolaire. 
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en associant politique de la ville et la politique de la carte scolaire pour favoriser la mixité sociale,

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en assurant à chaque élève un socle minimal de connaissances et de compétences après avoir opéré une refonte des savoirs à enseigner,

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en recrutant des enseignants polyvalents pour diminuer le nombre d’intervenants dans les premières années du collège.

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-          le lycée « permet à chaque jeune de réaliser son projet personnel (poursuite d’études, accès à une vie sociale et professionnelle de qualité » et assure à tous une solide formation générale.

La réalisation de cet objectif passe par l’institution d’un lycée unique incluant la voie professionnelle et intégrant le concept de formation tout au long de la vie, par le développement de passerelles entre des voies diversifiées d’égale dignité. On pourrait ainsi introduire des systèmes modulaires (équivalence de niveaux + adaptation dans tous les examens, y compris les bacs généraux, en s’inspirant des modèles des UR (enseignement supérieur) et d’autres systèmes existant dans l’enseignement professionnel ou chez nos voisins européens.

 

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l’enseignement supérieur doit demeurer gratuit.

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Les établissements du second degré doivent assumer leur autonomie : le projet d’établissement et le bilan annuel sont deux outils incontournables de l’autonomie.

La contractualisation peut être un bon moyen pour que l’autonomie ne se confonde pas avec l’indépendance des établissements, qui nous semble une dérive à éviter.

 

C) Affirmer l’échec le plus grave de l’école par rapport aux objectifs de la loi d’orientation : 

-          L’objectif de la démocratisation n’a pas été réalisé ; l’accès aux études supérieures demeure très inégal en fonction du contexte socio-culturel dans lequel vivent les élèves.

-          Les phénomènes de ghettoïsation n’ont pas épargné l’école. Celle-ci les a même amplifiés en entretenant des établissements ghettos et parfois, à l’intérieur même des établissements, des classes de privilégiés et des classes d’exclus.

 

D) La prochaine loi d’orientation doit se fixer pour objectif politique majeur de lutter contre toutes les formes d’exclusion

QUELQUES PROPOSITIONS D’ÉDUCATION ET DEVENIR

 

 A)   L’adaptation des pratiques pédagogiques 

 En préambule, nous réaffirmons que les missions de l’école (instruction, éducation, formation professionnelle, socialisation) ne sont pas antinomiques, qu’elles doivent être réalisées en même temps et que la vieille opposition entre les tenants de l’instruction et de la pédagogie est stérile, qu’elle est souvent alimentée dans les médias par ceux qui n’ont pas rencontré d’élèves depuis longtemps.

 

 Nous affirmons donc – en même temps – que la transmission des savoirs constitue une des missions spécifiques et essentielles de l’école. Le primat des savoirs avec la seule transmission magistrale c’est prendre le risque d’une ségrégation scolaire encore plus forte et mettre en cause les principes fondateurs de l’école républicaine.

 

B) Quelques leviers pour faire évoluer ces pratiques 

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-     les nouveaux dispositifs d’enseignement et d’éducation constituent, par les pratiques qu’ils impliquent, par les compétences des élèves et des personnels d’éducation qu’ils requièrent et développent, par les modalités de pilotage qu’ils suscitent des leviers essentiels dans les évolutions pédagogiques et du changement des métiers. Ils permettent, par exemple, de promouvoir la transdisciplinarité et favorisent la co-animation qui nous semblent des vecteurs essentiels du changement.

 Mais ces dispositifs demeurent des moyens au service de la formation des élèves. Ils ne valent rien si les acteurs qui les mettent en place perdent de vue les buts recherchés à travers eux. 

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-     en effet, la pédagogie suppose des valeurs à mettre dans nos pratiques ; nous devons nous appuyer sur une « vraie » professionnalité de la communauté éducative. 

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-     Les pratiques pédagogiques ne peuvent évoluer que si les 4 conditions suivantes sont réalisées :

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elles nécessitent une culture de l’encadrement qui favorise l’initiative et la responsabilité des acteurs. C’est ce que nous appelons le pilotage partagé.

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la diversité des pratiques et stratégies pédagogiques nécessitent chez les acteurs, une vigilance accrue quant à leur pertinence, leur efficience et leur efficacité. Elles impliquent donc une culture de l’évaluation dans les établissements.

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les acteurs doivent avoir le temps de l’expérimentation, de l’évaluation, de l’amortissement de leurs efforts et des investissements qu’ils ont réalisés. Les réformes mises en œuvre nécessitent du temps, elles sont incompatibles avec le « stop and go », trop souvent pratiqué par les ministres qui se succèdent.

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 la formation des enseignants est indispensable pour que des évolutions soient possibles. Il est essentiel en particulier que la formation initiale soit remodelée et étendue sur les 2 premières années d’exercice (tutorat, regroupements, temps d’analyse et de pratiques, …). La place du concours dans le cursus de formation doit être revue pour que les compétences professionnelles soient reconnues au même titre que les connaissances disciplinaires.

B) L’autonomie des établissements 

Affirmer la légitimité de l’autonomie de l’établissement fondée sur :

a) la décentralisation de l’Etat qui, dans un contexte de plus en plus complexe, permet de rapprocher la décision du lieu de mise en œuvre effective,

b)   la nécessité, découlant du point précédent, de définir les stratégies pédagogiques au niveau où la connaissance des élèves dans leur diversité est réelle.

En liaison avec le point a), il convient que l’unité autonome (établissement, réseau d’établissement ou unités d’enseignement …) soit bien définie en relation avec un niveau bien repéré du maillage local.

La notion de bloc de compétences, qui pour l’instant ne descend pas en-dessous du niveau départemental, pourra être étendu au niveau local pour favoriser les synergies entre l’unité autonome de l’Education Nationale et la collectivité locale. 

-    En liaison avec le point b), le champ de l’autonomie pédagogique et éducative, défini par le décret de 1985, doit être étendu à des possibilités de définition plus grande des moyens, structures, parcours pédagogiques et éducatifs, en fonction d’objectifs cadrés aux niveaux régional (Académie) et national. Les programmes, par exemple, pourraient être exprimés en terme de compétences à attendre.

 

L’autonomie nécessite un moteur interne efficace.

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Les conseils d’administration doivent évoluer vers un pilotage réel du champ d’autonomie par la prise de conscience de leurs membres de leur rôle d’administrateur,

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on n’y parviendra qu’en révisant leurs conditions de fonctionnement et en développant des structures internes d’expertise et d’instruction pédagogique, comme les conseils pédagogiques.

-     L’autonomie nécessite aussi un moteur externe.

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plus dynamique que le seul pilotage hiérarchique

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et moins affadi que l’actuel projet d’établissement.

Une logique de contractualisation doit permettre une meilleure régulation entre l’unité autonome et les chaînes, hiérarchique et fonctionnelle, garantes du service public.

 

C) La démocratie dans l’école 

La loi d’orientation a permis de nombreuses avancées : éducation à l’autonomie, sens de l’initiative, apprentissage de la citoyenneté.

Les modalités de fonctionnement sont définies dans l’établissement dans un cadre national simplifié.

 

Un certain nombre de questions restent encore sans réponse ou en suspens. L’organisation de la démocratie institutionnelle rencontre ses limites. S’en remettre à la seule autonomie des établissements et leur laisser le soin d’imaginer des modes de fonctionnement, des outils, n’est pas suffisant. Sur ce point une loi doit énoncer quelques principes incontournables.

 

-     Le pilotage partagé

La complexité des missions du système éducatif et la diversité des stratégies pédagogiques à mettre en place pour répondre à la diversité des besoins des publics accueillis impliquent que le pilotage du système éducatif soit partagé.

 

-     Dans les établissement, toutes les instances créées (soit à l’initiative des établissements, soit en réponse à une commande de l’institution) doivent contribuer à la construction du projet de l’établissement, validé par le CA et à sa mise en œuvre. 

-   Quelques instances – en nombre limité – sont définies par le ministère. Celui-ci en fixe précisément les finalités. Les modalité de désignation de leurs membres, les modalités de fonctionnement ressortent largement de l’autonomie des établissements. Ces instances visent à faire vivre le concept de communauté scolaire et à confier des rôles spécifiques à chacun des acteurs, d’autres instances sont laissés à l’initiative des établissements en fonction de leurs besoins et de leurs possibilités :  

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c’est autour du CVL, rénové dans sa forme, délivré d’une réglementation inapplicable, et chargé de missions plus précises, que les élèves peuvent participer à la construction du projet de l’établissement, en liaison avec l’ensemble des élèves de l’établissement. Une structure semblable au CVL peut être instituée dans les collèges. 

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une instance, comparable à la conférence des délégués dans les lycées, peut réunir l’ensemble des parents élus délégués (de classe, au CA …). Ils pourraient ainsi exprimer, dans un cadre approprié, les problèmes rencontrés, leurs attentes, leurs suggestions et tout ce qui ne peut s’exprimer en conseil de classe. Dans tous les cas, un espace doit être ouvert et organisé dans chaque établissement pour que les parents délégués puissent s’exprimer collectivement.

 

L’association des enseignants au pilotage de l’établissement implique la création d’instances qui réunissent des enseignants qui jouent un rôle spécifique dans l’établissement : conseil des maîtres de stage, conseil des coordinateurs de discipline, conseil des chefs de projets, conseil des professeurs principaux …

Il n’est pas possible que l’exercice de ces rôles ne soit pas enfin reconnue. Cette reconnaissance peut se faire par le biais d’outils comme la lettre de mission, ou par une reconnaissance dans la définition des services hebdomadaires.

L’action des personnels ATOSS doit être reconnue dans l’établissement. Le nombre d’instances auxquelles ils participent est important. Il n’est pas nécessaire d’en créer d’autres.

Mais la part que les ATOSS ont à prendre dans l’élaboration et la réalisation du projet d’établissement doit systématiquement être mentionnée ainsi que l’importance des espaces de rencontre avec les élèves.